femme Typing

LE TEMOIGNAGE D'ESTELLE

13/03/2021

Voir plus

Grossesse et Hyperémèse Gravidique : quand le rêve devient cauchemar.

Toutes femmes heureuses en ménage rêvent un jour de créer la vie avec l’homme qu’elles aiment, abriter le fruit de leur amour en elles.
Seins qui grossissent, odorat et goût perturbés, irritabilité... C’est l’heure du test de grossesse ! Quand le jour de la petite croix bleue ou des deux barres sur le test fait son apparition après plus au moins de temps d’essaie bébé cela constitue un des plus beaux jours de la vie d’une femme !
C’est une nouvelle vie, une nouvelle aventure qui nous attend. Dans 9 mois on sait qu’on va devenir maman et donner la vie. C’est à la fois excitant et angoissant et plein de questions débarquent dans notre tête mais c’est que du bonheur ! On fait alors les premières analyses sanguines pour surveiller que tout aille bien puis c’est partie pour cette merveilleuse aventure qu’est la grossesse.
On s’attend donc a nager dans le bonheur pendant ces mois de gestation, voir son ventre s’arrondir au fil des mois et les mouvements du bébé s’intensifier avec le temps qui passe, voir son enfant à l’échographie, etc... autant de moment précieux et magiques qui devraient rendre cette période encore plus magnifique.
Mais hélas, il arrive que la vie sème des obstacles sur notre route. Et c’est cette histoire, mon histoire que je vais vous raconter. Je rêvais comme nous toutes de la grossesse parfaite, quelle désillusion... Si on m’avait dis que cela pouvait se passer comme ça je ne l’aurais pas cru, même un super scénariste n’aurait pas pu inventer une chose aussi horrible que l’Hyperémèse Gravique pour créer un film dramatique.
L’hyperémèse gravidique qu’est ce que c’est ?
Ce sont des vomissements dit incoercibles autrement dit vomissements violents (10, 20, 30 par jours...).
Paraît-il que cela touche environ 3% des femmes (personnellement je pense que nous sommes d’avantage à être victime de cette maladie). Oui c’est une pathologie de la grossesse une maladie bien réelle qui est prise à la légère par le personnel médical... Elle entraine déshydratation, anémie, carences vitaminiques. Elle entraine aussi une grosse perte de poids, des troubles alimen- taires et olfactifs assez violents. Et tout ceci évidemment entraîne un épuisement du corps et de l’esprit. On parle du pic de l’HG quand l’hormone de grossesse HcG ,qui déclenche l’hyperémèse gravidique, est à son plus haut taux. Mais pour beaucoup d’entre nous le cauchemar dure durant les 9 mois de grossesse malgré la chute de l’hormone HcG après le premier trimestre de gros- sesse.
Oui, dit comme ça cela paraît pas trop difficile à vivre et pourtant vous n’imaginez pas à quel point c’est une épreuve pour le corps et aussi pour l’esprit...
Voici mon histoire.
Mon premier mois de grossesse s’est passé sans problème. La joie d’annoncer la nouvelle à mes proches de me dire que ça y est j’allais devenir maman, qu’un petit être était entrain de se former en moi, m’a rendu totalement aveugle alors que les premiers signes de ce cauchemar étaient sous mes yeux : odorat déformé de plus en plus développé, des goûts totalement déformés mais en mal, un mal d’estomac comme si on était entrain de le creuser, un besoin de manger tout et n’importe quoi, le début des nau- sées et une grosse fatigue.
Je devais manger pour ne pas ressentir les nausées. Du coup j’achetais plein d’aliment quand j’allais faire les courses que je n’ai jamais mangé d’ailleurs... Plus le temps passé plus le fait d’être dans un supermarché me donnait envie de vomir et de grosses nausées... Je commençais peu à peu à ressentir un dégoût pour la nourriture. Je me souviens d’avoir mangé du chou fleur cru pour apéro et avoir souffert de brûlure d’estomac (mes premières brûlures d’estomac), tellement j’avais mal que j’étais allongée sur le sol de ma salle de bain en larme ne comprenant pas que c’était ça... Avec le début des brûlures d’estomac, les premiers vomissements sont apparus.

Ce fût le début de ma descente aux enfers mais je ne le savais pas encore.
Très vite, je commençais à souffrir de brûlures d’estomac et de remontées oesophagiennes causées notamment par les nombreux vomissements qui se multipliaient de jour en jour et les nausées constantes H24... J’ai été obligée d’arrêter le travail. Je devais donc me rendre chez mon généraliste pour me faire marquer un arrêt et un traitement pour me soulager. Ne pouvant plus conduire à cause de la fatigue extrême et la déshydratation à force de vomir, ma mère est venue à ma rescousse pour m’amener chez la doctoresse. Moi qui pensais trouver une oreille attentive, c’était le début de ma souffrance psychologique. En effet, je lui ai donc exposé mon problème elle m’a dit « mais madame vous êtes une future maman angoissée je vous donne le numéro d’une sage femme pour discuter ». Puis elle m’a prescrit une infime dose de Primperan (ce médicament m’est interdit car je suis épilep- tique). Ma mère donc qui dit au médecin que ce n’est pas compatible avec mon épilepsie. Alors elle regarde sur son ordinateur les dires de ma mère et elle lui répond que si je peux le prendre sans risque...et elle ne m’a rien prescrit pour mon estomac et mon oesophage cramés par les vomissements et les nausées...
Je suis sortie du rendez-vous salie et jugée, comment peut-on penser que c’est dans ma tête alors que mon corps souffre de plus en plus ?
Plus les jours passent, plus les symptômes empirent. Je ne pouvais plus manger ou boire car tout ce que je mangeais ou buvais je le vomissais. Je ne pouvais plus dormir à cause de mes brûlures d’estomac et de mes nausées H24. La peur de vomir s’installa alors. Le pire était que je ne pouvais ni prendre le primperan, ni mon traitement anti-épileptique...
Mon conjoint avait fait venir SOS Médecin qui m’a prescrit Primperan mais en suppositoire et si jamais du Donormyl. Les jours passèrent et la situation s’empirait. J’étais morte d’épuisement, sentir toutes ses odeurs même celles qu’on ne sent pas en tant normal qui vous dégoute à vous envoyer vomir, voir le frigo s’ouvrir avec plein de nourriture était un supplice et une torture.
Devant mon état qui allait en se dégradant mon conjoint m’a donc amené aux urgences. On m’a réhydrater par perfusion, et passait une échographie. Le coeur de bébé bien battait c’était un instant magique, une petite lueur dans cet enfer que je vivais depuis quelques semaines (mon HG s’est déclarée autour de la 6-7SA). L’équipe médicale pris la décision de m’hospitaliser mais parce que je n’arrivais plus à prendre mon traitement anti-épileptique puis que je le vomissais. Sans mon épilepsie on m’aurait renvoyer chez moi...
L’hospitalisation a duré 3 jours. On me donna au départ du primperan en perfusion malgré que cela me soit interdit, puis du donormyl, et de l’omeprazole. J’ai pu recommencé à m’alimenter et à boire et les vomissements se sont nettement réduis. Moi qui vomissait 15-20 fois par jours, je ne vomissais plus mais les nausées étaient toujours bien présentes H24.
Je suis sortie de l’hôpital très très fatiguée. J’ai pris la décision pour soulager mon conjoint de partir quelques temps chez mes parents car je ne voulais pas rester seule la journée j’avais besoin qu’on s’occupe de moi H24 et d’être surveiller. Je ne pouvais pas rester seule.
Je suis restée chez mes parents de ma 7SA à ma 11SA. J’avais des nausées H24, je dormais beaucoup mais je vomis- sais que deux-trois fois par semaine. La grosse fatigue étaient toujours là. Je me lavais les dents une fois chaque deux jours
et la douche pareil tellement mon corps était épuisée. Je ne pouvais pas sortir car l’odeur du dehors me donné envie de vomir. L’odeur de la cheminée et de la lessive de ma mère m’envoyé directement vomir ! Niveau alimentaire certains aliments passaient d’autres non et me faisait aller vomir direct. J’arrivais certains jours à aller sur le canapé regarder un peu la TV mais autrement
je restais toutes mes journées au lit comme si j’étais dans une salle de torture à subir mon sort et ma souffrance autant physique que psychologique. Moralement parlant ça n’allait pas du tout j’étais en dépression, en larme souvent en me demandant pourquoi moi ? Pourquoi une telle souffrance alors que j’étais entrain de créer la vie ? Ma mère qui me disais « tu devrais être heureuse d’être enceinte ! Tout le monde n’a pas cette chance ». Discours culpabilisant qui fait mal au coeur... Mon beau père aussi m’a fait du mal en me disant « si tu es malade c’est parce que tu n’acceptes pas ta grossesse comme quand tu as tes règles et que tu n’acceptes pas ta féminité qui te donne donc des mauxde ventre ». Comment on peut me dire de telles horreurs alors que je créais ton petit fils ? Étais-je donc folle ?

Visite des 11SA : le matin c’était le jour de l’échographie du 1er trimestre. Juste avant de partir au rendez-vous je senti une odeur de vanille (odeur qui me faisais aussi partir vomir), ce qui fait que je suis allée vomir avant l’échographie ! RAS pour bébé il allait très bien ! Ouf me voilà rassurée !
Le midi j’ai eu du mal a mangé puis nous sommes partis au rendez-vous gynécologique et là j’ai vomi 4 fois sur un trajet de 1h20... Une fois au rendez-vous j’en informe le gynécologue qui n’en a pas tenu compte... Il m’a prolongé mon arrêt de travail (oui j’ai été en arrêt de travail pour des raisons évidentes) que pour 15 jours alors que je ne pouvais pas reprendre même 15 jours après au vu de mon état. Sur la route du retour vomi sur vomi... On rentre je ne pouvais rien avaler pour manger ni boire. Vomi toutes les dix minutes. Mes parents remplis de désespoir. Mon conjoint a téléphoné au SAMU qui nous a dit de nous rendez aux urgences de la maternité. Par pitié j’ai supplié mon conjoint de ne pas refaire 1h20 de route mais je n’avais pas le choix.. Sur la route je vomissais tout les quart d’heure. Arrivée là bas hop perfusion de réhydratation, on m’a re hospitalisé pour 3 jours. Cette fois-ci je vomissais malgré tout, je ne mangeais presque pas mais à cause du Coronavirus on m’a presque mise à la porte sans me donner un nouveau traitement...
Je suis revenue vivre chez moi à cause du confinement. Mon conjoint s’est donc occupé de moi et à compris le travail que ça demandé (en effet pour lui jusqu’à présent il ne réalisait pas a quel point j’étais mal même s’il venait chaque week-end. Mon état était catastrophique... Vomi, impossibilité de manger sauf des patates au sel. Je suppliais mon conjoint de ne pas me donner à manger c’était devenu une torture. Bien sur comme d’habitude je vivais dans mon lit...
Cela a durée jusqu’à la 13SA où mon conjoint un jour décida de téléphoner au service de la maternité où j’avais été hospitalisé car je vomissais beaucoup de nouveau... On m’a fait une prescription pour le Zophren. C’était mon dernier espoir... Mon conjoint
me rapporta donc le PRÉCIEUX. Il s’est produit un miracle ce jour là... Pour la première fois depuis le début du cauchemar, mes nausées s’étaient calmés et mes vomissements ont cessé.
Je repris enfin espoir d’aller mieux un jour !! Car oui j’étais prête à penser que ma grossesse allait se passer dans mon lit et la tête dans la cuvette...
Petit à petit j’ai pu reprendre une vie normale, à remanger normalement mais en évitant les aliments acidifiants. Les odeurs violentes se sont calmés petit à petit. Au même moment, je me suis renseignée sur internet ce que j’avais vécu et j’ai pu mettre un mot sur cette maladie : l’Hyperémèse Gravidique. J’ai découvert le groupe Facebook « 9 mois avec ma bassine ». C’est un groupe où des femmes enceintes vivent ou on vécu ce cauchemar et cette page est destinée à s’entraider. Quand j’ai lu les témoignages je me suis vu dans leur écrit quel soulagement de me dire que je n’étais plus seule et surtout QUE JE N’ÉTAIS PAS FOLLE !!!
Les médecins se sont aperçu que pendant mes mois de souffrance ma thyroïde travaillaient beaucoup trop par rapport à la normal et que ça pouvait expliquer mes nombreux vomissements.
Depuis ma grossesse se passe pour le mieux. J’ai stoppé le donormyl.
Aujourd’hui à 36 SA, je continue toujours le Zophren mon petit miracle et l’omeprazole. Récemment on m’a diagnostiqué une grosse anémie et de grosses carences en vitamine. Cela a été causé par l’HG quand il m’était impossible ou difficile de m’ali- menter ou boire. Même des mois, après le corps en a gardé des séquelles... Du coup j’ai un gros traitement pour me remettre d’aplomb !
Si cette maladie était vraiment psychologique est ce que nous les femmes ont s’amuserait à s’infliger une souffrance pareil ?
Mentalement je suis traumatisée par cette maladie :
- traumatismes alimentaires, par exemple rien que le mot chou fleur me donne envie de vomir violemment,
- traumatisme psychologique. Pendant toute ma grossesse j’ai supporté beaucoup de réflexion par rapport à l’HG comme
quoi c’est psychologique, comme quoi vomir à outrance comme ça c’est rien que c’est normal, que la grossesse n’est pas une maladie. Se prendre ce genre de réflexion de la part de nos proches ça ressemble à de la trahison, on perd confiance en l’autre aux gens qu’on aime. C’est une torture de tout les jours. Je reste aujourd’hui sur mes gardes. Je n’ai plus confiance aux gens ou très difficilement, leurs réflexions résonnent encore dans ma tête. Je consulte une psychologue spécialisée dans l’HG car je sens bien que je suis devenue extrêmement fragile.

J’arrive enfin à profiter de ma grossesse même si je reste fragile par rapport à l’HG.
Je ne souhaite à personne de vivre une expérience pareil.
Je vais être l’heureuse maman d’un petit garçon et malgré ce cauchemar je suis heureuse d’avoir réussi a mener cette guerre pour créer la vie, pour créer mon fils. J’ai tellement hâte de le rencontrer.
Mon fils en bonne santé sera ma plus belle récompense pour avoir vécu et vaincu l’HG.
J’avais besoin de vous raconter mon histoire et de témoigner pour que cette maladie soit reconnue comme vraie patholo- gie de grossesse. Je sais que certaines femmes vivent des grossesses dite HG pire que la mienne. Dans mon malheur je me sens chanceuse que cela soit largement maîtrisable et que je puisse vivre une vie normale.
Estelle.


 

femme Typing

LE TEMOIGNAGE DE NASSIMA

10/07/2021

Voir plus

 

Bonjour,

Je me permets de vous écrire afin de vous faire part de ma grossesse octobre 2019 au 14 juillet 2020.

Après 7 ans de mariage, et 5 ans d'attente pour qu'un petit nous vive en moi. On n y croyait plus du tout. Jusqu'au jour où.... C'était pour nous une nouvelle extraordinaire, un miracle de dieu.

Mais ce que l'on ne savait pas, c'est qu'à côté de cette merveilleuse nouvelle, l'enfer m'attendait.
En effet, je dis l'enfer car seules les personnes concernées comprendront.

3 semaines après avoir appris cette grossesse, des maux de tête et des vomissements apparaissaient à longueur de journée, vient par la suite l'hypersalivation à en mordre tous les maillots de mon mari, ma langue était toute blanche et toute déshydratée.

Un matin quand je passais ma journée devant ma cuvette, je ne comprenais pas du tout ce qui m'arrivait. Direction d'urgence chez le gynécologue qui me disait que c'était normal que c'était les symptômes de grossesse et qu'il fallait prendre son mal en patience. Un doliprane et ça devrait passer.

J'avais beau insister, de lui demander de me faire des analyses et autres mais rien à faire, il n'a rien voulu entendre. Pour lui j'étais juste enceinte et c'est tout.

Désemparée et ne supportant plus ni mon odeur, ni ma salive et ma situation, j'ai de suite regardé sur internet les témoignages d'autres femmes. Et une personne parlait d'une endocrinologue.

J'ai de suite regardé l'adresse d une endocrinologue près de chez moi. Et là après rdv et analyses, on m annonce que je faisais aussi de la Tyroide de grossesse.

Le soir même je ne comprenais pas ce qu'il se passait et rebelotte, vomissement, trouble de la vision, Perte de l'ouïe, vomissent en sang avec des boules de cailloux.

Mon mari m'a de suite mise dans la baignoire et j'ai passé ma nuit à pleurer de douleurs. On ne pouvait rien faire d'autres étant donné que pour mon gynécologue tout était normal.

Le lendemain matin, j'appelle mon mari qui était au travail afin de lui demander de m emmener d'urgence à l'hôpital car mon état empirait.

Arrivée sur place on m hospitalise, on m enferme dans une chambre noire pas de TV pour les nausées, pas de lumière du jour, pas d'eau, pas de repas vu que je vomissais tout. Perfusion sur perfusion aucun médicament ne fonctionnait.

1 mois après hospitalisation, toujours la tête dans la cuvette, je perdais 6k. Un soir toujours hospitalisée je craque, j'ai demandé à mon mari de venir me Chercher à 3h du matin, car c'était infernal.

J'ai donc signé une décharge et suis partie. Car rester dans une chambre noire sans manger, dans la douleur sans visite c'est juste l'enfer.

Le lendemain l' endrocrinologue de l'hôpital appelle mon mari. Elle lui demande de me ramener d'urgence à l'hôpital car mon taux de potassium était descendu trop bas de la normal et que je pouvais y rester.

Je re prépare donc ma valise, tout en vomissant et là je m'écroule d'un coup je ne voyais et n'entendais plus rien. Plus aucune vitamine, ni énergie. Je n arrivais plus à marcher, ni à me tenir debout.

Mon mari me porte sur son dos, arrivée à l'hôpital on me place de suite en réanimation, on me dit qu'il me faut de suite un transfert de potassium étant complètement déshydratée et affamée.

Et me voici en réanimation durant 4 nuits à hurler, à souffrir. Transfert de potassium toutes les 6h mon corps brule, mes veines brûlent la descente aux enfers continue.

Je vomissais sur moi, mon mari qui n avait pas le droit de rester, est tout de me rester à mes côtés. Il a dit aux médecins qu'il était hors de question de me laisser toute seule dans cet état. Il veille donc sur moi me nettoie, me lave, me coiffe et reste près de moi durant des jours.

Après quelques jours, on me demande si je veux interrompre ma grossesse, car leur priorité était de me sauver. Et au vues des circonstances ils étaient complètement perdus.

Je leur ai dis que j'étais contre, après 5 ans d'attente je ne pouvais pas me permettre d'un tel acte. Que si je devais partir alors je partirai.

Il m autorise donc à rentrer chez-moi avec un traitement lourd, mais l'enfer continu aucun médicament ne fonctionne, la Tyroide de grossesse me gêne au niveau de la gorge. Je n'arrive plus à dormir. Vomissement, gêne à la gorge, la faim, la soif... Je mangeais 3 cuillères à soupe de petits pois, et 1 demi poisson par jour durant 3 mois le même repas et rien d'autre ne passait Midi et soir. Le matin c'était 1 pins's les petits gâteaux point.

6 mois sont passés et 18k de perdu.

Je me rends chez un acupuncteur qui m'avait bien aidé. Il me disait que j'avais perdu toute vitamine, toutes defenses immunitaires. Et qu'il fallait vite intervenir.

Je me rendais donc chez lui 2 fois par semaines, et avec dormonyl qui commencait à faire son effet au bout de 6 mois. Je remangeais et revivais enfin tout en continuant mon traitement pour le potassium.

Après des jours d'enfer, le lendemain de mon accouchement le 15 juillet 2020 tout s'est arrêté par magie.

C'était une expérience horrible, ou le gynécologue se foutait royalement de mes symptômes, souffrances et relances pour lui c'était les conséquences d'une grossesse point. Leurs discours,
"" malheureusement vous faites partie de celles qui ne supportent pas les grossesses.... "" ""

Et surtout si je n'avais pas été voir de moi même un acupuncteur et endrocrinologue, je pense que j'aurai pu y rester. Mon gynécologue qui ne l'est plus à ce jour bie' évidemment m'aurait LAISSÉ mourrir AINSI sur mon lit d'hôpital.

Grâce à dieu mon miracle est parmi nous aujourd'hui. N'hésitez pas à aller consulter, insistez si il le faut et surtout ne restez pas seules face à cette souffrance. Trois séances de sophrologie m'ont aussi aidé à m'apaiser et supporter cette épreuve.

Courage à toutes.


 

femme Typing

LE TEMOIGNAGE DE SUSAN

25/07/2021

Voir plus

 

La dernière fois que j'étais vraiment bien, c'était le 27 juillet 2020, tout a basculé et empiré immédiatement le 28 juillet 2020.
Le 28 juillet c'est l'anniversaire à mon père, tous les ans malheureusement cette date me restera maintenant à travers la gorge.

Je m'appelle Susan et j'ai la maladie de l'hyperemese gravidique.
La date de ma grossesse a débuté le 1er juillet 2020, le terme était prévu le 31 mars 2021. J'ai fait le test le 16 juillet (directement positif), la prise de sang a été faite le 20 juillet (également positif).
La joie de cette grossesse a donc été de très courte durée.
Un début de grossesse avec la canicule, des nausées et vomissements extrêmes jour et nuit et non uniquement le matin, une déshydratation immédiate, une perte de poids instantanée, une vie sociale foutue en l'air, plus de maquillage, plus d'hygiène, toujours les mêmes habits, toujours la même coupe de cheveux, des cheveux sales, un corps affaibli, un personnel soignant à 5mn de chez nous totalement irrespectueux, malpoli, méchant, sans humanité, mauvais par dessus tout, inexpérimenté et sans cœur.
L'hyperemese sur une année, concernant ma grossesse, en chiffre c'est presque 8 mois de calvaire, soit 34 semaines, soit 235 jours, soit 5640 heures, soit 338 400 minutes d'enfer, 3 hospitalisations en août, 2 hospitalisations en septembre, 1 hospitalisation en octobre, 1 hospitalisation en novembre qui a duré 1 mois, je suis rentrée le 15 décembre, et j'ai tenu jusqu'à la césarienne programmée le 19 mars.
Même avec ces chiffres beaucoup auront encore du mal à comprendre ce que vous avez traversé ou s'en fichent aussi.
J'avais une chute importante de potassium, une baisse de fer, plus aucunes vitamines.
On se demande pendant 338 400 minutes ce qu'on a bien pu faire au bon dieu pour mériter tout ça.
Au bout d'un certain temps, votre vie d'avant est tellement loin derrière vous, vous vous rappelez même plus la vie que vous aviez avant.
Une psychiatre d'une méchanceté pure et mauvaise, a osé me demander si ma grossesse était voulue tellement froide et le regard noir, qui me menaçait de m'enlever la tv et mon téléphone tout ça parce que je lui disais que je ne pouvais pas me lever du lit, j'avais envie de l'envoyer contre le mur.
Je peux être presque abattue, mais dans les pires états je ne me suis pas laissée faire.
Et c'est pas tout le bonheur du monde que je lui souhaite encore aujourd'hui c'est bien le contraire.
Le mois d'août a été un véritable enfer, tous les jours jusqu'au mois de novembre, je mets au défi n'importe qui de supporter de vivre avec des nausées et vomissements extrêmes du matin au soir.
Je ne supportais plus aucun bruit, même plus le bruit d'une clé quand ma mère venait chez moi pour remplacer mon compagnon qui travaillait, le bruit des voitures et des motos sur l'autoroute, des enfants qui jouent dehors un chien qui aboie, le bruit d'une tondeuse, une porte qui claque, un volet qui s'ouvre ou se ferme, une sonnette, le volume de la tv, le calme que j'avais besoin personne ne me comprenait. Mais personne ne comprend encore aujourd'hui. Je ne me suis jamais sentie aussi seule.
Ma mère essayait de me faire manger, mon compagnon travaillait, avec la boule au ventre au lieu d'être heureux de devenir bientôt papa.
Personne vous croit, tout le monde croit que vous êtes dépressive, ou bien pire, folle, on est enceinte on est pas malade, moi aussi comme vous toutes je suis passée par toutes ces injustices.
Ce qui fait du bien bizarrement c'est de savoir enfin qu'on est pas toute seule à avoir cette maladie et que vous êtes là.
Chaque seconde passée, même des acteurs à la télé, même un chien qui se promenait dehors, sans arrêt j'enviais tous ceux qui arrivaient à marcher sans se sentir mal, à manger et à boire sans vomir, à parler, à s'asseoir, à se lever, à conduire, se laver, j'enviais les femmes enceintes dans les télés réalitées qui étaient heureuses, bien habillées et maquillées à montrer leur ventre, heureuses avec leurs copains et moi j'avais pas le droit.
J'étais morte de fatigue, si je fermais les yeux, malheur à moi de vouloir fermer les yeux, j'avais envie de vomir, j'avais pas le droit de dormir. J'avais plus le droit de dormir.
Je ne veux pas détailler le 1e et 2e trimestre que j'ai eu car même avec le temps, je ne pourrai plus vous en parler c'est trop douloureux, le traumatisme est là.
Je ne supportais plus aucune odeur nulle part, je faisais peur, je suis passée de celle qui aime être coquette à un zombie.
Ce que j'apprécie beaucoup ces derniers temps c'est croiser des connaissances au super marché, à la pharmacie, dans la rue etc le voisinage qui m'encouragent pour la suite et sont touchés par cette terrible partie de ma vie.

Mais je pense à toutes celles qui lisent mon témoignage en ce moment et démarrent cette horrible maladie au début du 1er trimestre.
L'année dernière j'enviais celles qui avaient fait un témoignage et qui étaient enfin libre, que ça ne sera jamais mon tour, je vous le dis, ça sera aussi votre tour même si vous n'y croyez plus, un jour ça sera enfin derrière vous comme moi aujourd'hui, un jour votre grossesse sera enfin terminée.
La seule chose que je peux vous dire, croyez en vous, n'écoutez que vous, l'instinct maternel commence maintenant, ne vous forcez pas à vous lever, si vous ne pouvez pas le faire ne le faites pas, si votre entourage ne vous comprend pas, parlez leur de l'association, écrivez aux bénévoles de votre région et insistez de vous faire aider par des praticiens sensibilisés par cette maladie qui vous aideront, pas à éliminer vos symptômes mais à vous soulager au maximum pour mieux supporter ces mois difficiles qui vous attendent. Car oui, pour nous ça ira au-delà du 1er trimestre.
Je sais très bien que c'est difficile de prendre son téléphone et d'écrire quand on a tout le temps envie de vomir.
J'étais entrain de dépérir, tout ça pour donner la vie, la plus belle chose du monde, je n'ai jamais détesté ma fille, c'est ma grossesse que je détestais.
Mais il arrivera un moment où vous aurez quelques minutes de répis, n'hésitez plus une seconde vous avez l'hyperemese gravidique et demandez de l'aide, avant que le pire puisse arriver.
Si vous avez quelques minutes de répis seulement c'est malheureux et horrible ce que je vous dis.
Ne perdez pas votre temps avec des hôpitaux de votre ville qui vont vous dire que vous êtes folle, qui veulent vous transférer en psychiatrie, qui veulent vous isoler dans le noir, ou interdiction de visite de téléphone et de télé, je ne me suis pas laissée faire, ne vous laissez pas faire, partez dans les grandes villes, faites vous soigner par des professeurs qui luttent contre cette maladie.
Tous les trajets en voiture où j'ai dû prendre sur moi dans l'état où j'étais, je me demande encore aujourd'hui comment j'ai fait. Est-ce que c'est l'instinct de survie.
Je n'ai pas eu la chance d'être soignée par le professeur Deruelle tout de suite, car j'avais un barrage de médecin à son étage qui me disait que tout allait bien pour le bébé, que niveau médicale il n'y a rien que je devais rentrer, mais nous les mamans on compte aussi on peut plus laisser faire ça notre santé physique et mentale importe aussi.
Insistez que vous devez être hospitalisée le plus longtemps possible ne vous laissez intimider par personne, personne n'a le droit de vous jeter à la maison dans l'état où vous êtes.
Ne faites pas d'acupuncture n'avalez pas de primperan, vogalene, d'homéopathie, de comprimés pour les transports comme cocculine et compagnie ça ne sert STRICTEMENT à rien, demandez le zophren avec une ordonnance d'exception, le donormyl et le seresta, l'angoisse engendre les nausées, n'acceptez pas d'avaler d'antidépresseurs vous n'êtes pas dépressive ce n'est pas votre faute, évitez les odeurs de viandes crus et l'odeur des cuissons à l'eau, le café, la lessive et éliminez tout ce vous avez en cuir chez vous, vous avez besoin de repos, de calme, votre grossesse ne se passera pas comme les autres si vous devez rester seule et au repos et ne recevoir personne ne culpabilisez pas faites le.
Si une personne vous énerve ça engendre aussi des nausées.
Ne faites pas d'automédication vous portez votre bébé qui a déjà besoin de vous mais n'écoutez pas n'importe quel médecin non plus.
N'écoutez pas la vie des autres qui a avalé quoi qui a eu quoi après son accouchement le plus important à ce moment là c'est vous.
Si vous allez être en manque de calcium toute votre grossesse car vous ne supportez plus le lait, ne vous forcez pas à en boire ne culpabilisez pas votre bébé tiendra le coup, vous êtes une battante et il ou elle aura toujours des réserves.
Je ne peux témoigner sans vous donner des conseils, et tout ceci vient de mon propre vécu.
Le dernier trimestre, ma dernière hospitalisation était du 19 novembre au 15 décembre 2020. Même si on me donnait 1 millions d'euros pour rien au monde je ne retournerai à cette date.
Je me sentais rassurée de voir le professeur Deruelle, qui avait donné l'ordre de ne pas me faire sortir au bout de 4 jours, j'étais tellement traumatisée de rentrer chez moi, personne ne comprenait ce que je vivais, tous les réveils que j'ai eu pendant 8 mois, à me demander tous les soirs à l'heure de dormir, si à 8h du matin j'allais pouvoir manger ma misérable biscotte, boire ma tisane à la verveine, supporter la compote ou avoir de nouveau des nausées entre 10h et midi. Est-ce que je vais me sentir mal à 9h ou déjà à 8h comme hier ou est-ce que je ne vais rien avoir.
À la maison ou à l'hôpital, je me réveillais souvent la nuit, pour apprécier que je me sentais bien et pas mal.
Je regardais l'heure il était que 2h, que 3h ou que 4h, il était presque 5h, presque 6h, une fois 7h une boule au ventre et l'angoisse s'installe d'affronter une nouvelle journée. Et qui dit angoisses dit nausées.
Je devais respecter d'avaler mes médicaments pas plus de 8h30 donc manger avant et ça c'était toujours un enfer pour moi. Une fois que j'avais passé le cap de manger j'attendais mon mal en patience quand j'allais avoir envie de vomir et pour combien de temps.
Quand on était le soir et que c'était le moment de fermer les volets ça allait mieux.
Quand le lendemain il faisait jour à travers les volets, j'étais dégoutée, je voulais déjà qu'on soit de nouveau le soir, je mettais longtemps à essayer de me lever parce que j'avais peur de vomir et c'était souvent le cas.
J'étais traumatisée ne serait-ce qu'un pas hors du lit les nausées arrivaient déjà je ne voulais plus me lever.
Je pleurais à chaudes larmes j'étais dévastée et traumatisée d'aller vomir je ne voulais pas me lever.
Je ne voulais plus me lever.
Je n'avais plus le goût à rien, mon téléphone était vide j'avais tout effacé, plus de fond d'écran, plus de messages, plus d'applications, un écran noir, plus de sonnerie plus de contacts avec personne, pourquoi donner des nouvelles si j'avais tout le temps envie de vomir.
Quel plat vais-je avoir, si je vais vomir ou supporter de le manger, mais supporter de le manger avec des nausées par la suite ou sans nausées, à quelle heure ?
Est-ce que je vais me sentir mal aujourd'hui à 16h car hier je me sentais mal à la même heure.
De 14h jusqu'au lendemain je me sentais bien est-ce que ça va être la même chose aujourd'hui ?
Pendant ce long séjour en décembre sur 1 mois j'ai eu 2 fois 2 jours où j'avais pas de nausées, je ne savais même pu ce que c'était une vie sans, quand les nausées sont revenues c'était un échec à chaque fois, elles n'étaient plus aussi violentes grâce au zophren mais on en a marre d'en avoir.
Je connaissais le programme tv par cœur, je ne supportais plus les films de Noël, qui se finissaient toujours bien et moi dans mon calvaire à l'hôpital toute seule.
J'enviais n'importe qui toute la journée qui avait la chance de boire, manger, marcher, se laver, se maquiller, se laver les dents, sans avoir peur de vomir.
On ose plus bouger, je ne me lavais pas correctement, j'avais peur de me laver les dents, sur 7 jours je les lavais 4 ou 5 fois par semaine, sur 8 mois je me suis lavée 6 fois les cheveux, le 1er et 2e trimestre j'ai pris quelques douches, le dernier trimestre je voulais une douche par semaine tous les samedis à la même heure, et le reste de la semaine lavabo et gant de toilette, et une boule au ventre en prime, quand j'avais réussi sans vomir c'est comme si j'avais gagné au loto, j'étais la plus heureuse du monde.
Je savais que le soir après 18h j'allais bien jusqu'au lendemain, tous les soirs je priais seigneur je me sens bien le soir pourquoi j'ai pas le droit d'être comme ça une journée complète comme avant.
Je ne supportais plus la lessive de mes parents, je devais dire à mon père de s'éloigner quand il venait me voir avec mon copain, j'ai jamais autant pleuré de ma vie que d'être derrière la fenêtre de ma chambre d'hôpital, faire un signe à mon père et mon compagnon avec le flash du téléphone quand les visites étaient fini, jusqu'à ce que je les vois plus, j'étais effondrée, mon copain et mon père aussi, les visites passaient trop vite, un déchirement que personne ne peut comprendre. Mon compagnon qui devait laisser sa femme et sa fille à 1h30 de la maison, combien de jour c'est arrivé pendant 8 mois. Qui peut s'en remettre aussi vite de ça. Personne.
J'enviais tous les passants qui marchaient sur le parking de l'hôpital, sans se sentir mal, libre de tout mouvement, libre de parler, libre de marcher, libre de rire, et moi plus haut qui avait peur d'avoir marché déjà jusqu'à la fenêtre.
Un jour j'ai éclaté en sanglot ça a duré une demi heure je ne pouvais plus m'arrêter un sage femme est venu me calmer tellement on m'entendait dans le couloir, et tout cet état enceinte de ma fille, car ma sœur m'a envoyé une photo de ma nièce entrain de faire des biscuits de Noël, pourquoi j'étais pas avec elle entrain d'en faire.
J'étais malade et je devais rester hospitalisée à 1h30 de chez moi, c'était le 2 décembre, un jour important pour contrôler si tout allait bien pour Lina pendant le 2e trimestre.
Et heureusement tout allait toujours bien, je savais déjà que c'était ma wonder woman qui n'allait pas se laisser faire aussi facilement. Je ressens souvent que c'est grâce à elle que j'ai passé tout ça, elle m'a aidé d'une façon qu'on ne peut pas expliquer.
Je voulais tout simplement rentrer chez moi, supporter toutes les odeurs vivre comme avant, me laver correctement, me maquiller et m'habiller comme je veux, être fière d'être enceinte faire des photos avec mes proches ne jamais être séparée de mon fiancé.
Je rêvais sans cesse de l'après, et soudain le réveil dans le noir dans ma chambre d'hôpital.
Ce n'est même plus de la frustration, c'est une douleur invivable qui vous brise le cœur et vous le transperce sans arrêt, on est dans l'inconnu tous les jours, on ne sait même pas ce qui nous arrive.
J'aurais pu perdre Lina n'importe quand, j'aurais pu y passer aussi, je voulais avorter le 2e mois, je ne l'ai pas fait.
Je pouvais prier comme je voulais, la maladie m'empêchait de vivre comme je le voulais, je trouvais des positions dans le lit toujours les mêmes pour ne pas avoir envie de vomir, prendre sur moi si une odeur me gênait, je respirais par la bouche pour que les nausées ne viennent pas.
Tous les jours mon copain voulait que je rentre, il ne comprenait pas pourquoi j'avais peur de rentrer.
J'avais peur de ne pas supporter l'odeur de chez moi, l'odeur de la lessive qui n'a pas arrêté de changer pendant 8 mois, qu'on me force à me lever, à marcher, à conduire ou aller je ne sais où, à recevoir de la visite car si j'étais entourée de personnes qui parlent fort j'avais subitement des nausées.
Personne ne comprend le silence que vous avez besoin.
Quand j'acceptais des visites et la venue des sages femmes à domicile c'était impérativement sans parfum.
Aller du canapé au frigo à 1m c'était une boule au ventre immédiatement alors que dans la vie de tous les jours ce n'est absolument rien.
Ranger 2-3 paires de chaussettes accrochées c'était plus que difficile puisque j'étais tout le temps allongée et j'avais peur de vomir.
Même pour aller chercher une cuillère dans le tiroir j'avais peur de me lever.
Jusqu'où cette maladie nous a réduit.
Je voulais exactement manger tous les matins ce que je supportais à l'hôpital.
Prendre sur moi si les nausées reviennent, respirer un bon coup sans angoisse ça pouvait partir dans les 10 minutes, ou dans l'heure, ou ça durait pendant 2h, tout ça c'était seulement le dernier trimestre, et c'était aléatoire, alors imaginez l'enfer des deux premiers quand je me sentais mal à mourir.
Je pleurais tous les soirs dans mon plateau seule dans ma chambre d'hôpital devant la tv, encore et toujours à me demander ce que j'ai fait au bon dieu pour mériter ce ciel qui s'effondre sur moi. Sur nous.
C'est ce qu'on ressent à chaque réveil le matin.
Encore et toujours avec peu de lumière car toute ma grossesse je voulais les volets fermés, j'étais devenue un vrai vampire.
Les infirmières tous les matins voulaient ouvrir le volet je leur disais de baisser.
Le professeur venait me voir il m'acceptait comme j'étais il comprenait et même pendant ses heures de travail il était toujours présent par mail si moralement ça n'allait pas.
J'avais peur de rentrer mais j'en avais marre d'être là-bas aussi.
Qui avait une solution à ça, le professeur voulait m'aider jusqu'au bout.
Moralement qui peut vivre et supporter d'avoir une vie comme ca.
Je suis rentrée le 16 décembre avec les encouragements de mon médecin, des sages femmes, de ma psychologue et du professeur du CHU Haute Pierre.
Des ordonnances avec un traitement zophren dornomyl jusqu'à la fin de ma grossesse et un soutien de leur part même à distance si j'avais encore besoin d'eux.
J'ai pris la route avec mon compagnon et ma sœur et j'avais envie de vomir, je priais que le trajet soit bientôt fini j'ai pris sur moi pendant 1h30 et j'avais peur de mon chez-moi que je ne voyais plus du tout de la même façon depuis des mois.
Mais je ne voulais plus être hospitalisée je voulais rester chez moi à attendre la fin de ma grossesse.
Du calme en rentrant chez moi, c'est tout ce que je demandais et aucune visite si je me sentais mal.
Je n'ai pas pu faire un seul magasin avec ma mère même si on était en plein confinement.
J'en ai fait un seul avec ma sœur et je supportais pas l'odeur du neuf dans tout le magasin c'était un enfer.
Chaque rdv médical était difficile.
Ma mère pleurait tout le temps dès qu'elle mangait parce qu'elle se sentait coupable de réussir à manger en pensant que moi je n'arrivais pas.
Je ne touchais pas tout le monde de la même facon, c'est là qu'on voit beaucoup quand les gens ne sont pas à votre place.
On rend malheureux sa famille tout en sachant qu'on y peut rien.
Mon compagnon et moi on se prenait dans les bras tous les soirs en pleurant devant la télé parce qu'on savait la journée que j'allais avoir à mon réveil et qu'on était impuissant face à ça.
Plus les jours passaient plus c'était la fin de ma grossesse, de cet enfer.
J'ai mangé tous les midis des croq monsieur pendant 3 mois, et plats variés le soir, mais des plats que je ne veux plus entendre parler pendant des années et vous vous en doutez bien, c'est la même pour les croq monsieur.
J'étais effondrée quand mon copain a dû reprendre le travail début janvier, parce que j'avais peur que les symptômes reviennent comme au début, et d'être seule sans lui jusqu'à 14h30, pour moi c'était la pire chose de ma vie à ce moment là, aller chez personne mais comment réussir à me faire à manger, j'avais peur de retourner vomir au wc je ne voulais plus vomir j'avais peur j'étais devenue émétophobique je ne pouvais plus supporter ce calvaire.
Pour moi tenir 2 minutes debout en face de la cuisinière c'était un exploit j'avais peur de me sentir mal.
Pendant 8 mois j'ai marché doucement, j'étais tout le temps au lit, je n'avais pas le choix, j'avais perdu du poids, j'étais maigre.
J'ai commencé fin octobre jusqu'au 18 mars à faire écouter à ma fille la même berceuse tous les soirs aux alentours de 21h même avec le moral que j'avais et en tous lieux.
Aujourd'hui elle s'endort avec la même berceuse mais c'est moi qui lui chante, l'application je l'ai effacé immédiatement après sa naissance.
Officiellement je n'ai plus vomis depuis le 19 novembre jusqu'à la fin, y compris le jour de l'accouchement.
Mais ça n'a jamais stoppé les nausées.
Audrey de l'association m'a certifié que ça ne serait plus comme au début si ça doit se reproduire, mon copain a fait son maximum pour être avec moi le plus possible pendant 8 mois même avec toutes les séparations qu'on a subi.
C'est le père de notre future petite fille, une maladie que je ne devais certainement pas affronter seule.
Et ça encore aujourd'hui beaucoup ont du mal à le comprendre.
Mais comme vous je sais que vous aussi on ne vous comprend pas et on ne vous comprendra jamais.
Du 4 janvier jusqu'à fin février je n'avais plus de nausée, mais je faisais toujours attention comment je me levais comment je me couchais, ce que je mange comment je bois, j'étais assoiffée j'avais pas le droit de boire vite, je voulais boire des gorgés de jus d'orange manger des fruits me gaver de gâteaux, de bonnes viandes et de sauce, j'avais pas le droit sinon je courais directe aux toilettes, comment je me tiens au lit devant la tv toute la journée, la position exacte à avoir tout était calculé.
Merci mes séries sur disque dur et Netflix.
Les nausées sont revenues fin février, car depuis le 22 avec mon médecin traitant, j'avais mis en place un sevrage pour dégager déjà 2 médicaments sur 4 avant la naissance de Lina.
C'est à cause de ça que les nausées sont revenues, mais cette fois-ci j'étais une warrior car je savais que c'était la fin, c'était pour notre fille qu'à la naissance elle ne devienne pas dépendante de ces saletés. Car même si ça m'a aidé, oui c'est des saletés.
Les 20 derniers jours paraissaient les plus longues de ma vie.
J'ai décidé d'accoucher à la clinique Saint Nabor de Saint Avold.
Il en était hors de question que j'aille accoucher à la boucherie Marie Madelaine à Forbach.
Le 18 mars, une fois installée en chambre, c'est là qu'on avait du mal à réaliser que d'ici quelques heures le cauchemar allait enfin se terminer, pour moi c'était une hospitalisation comme une autre, à s'installer pour la énième fois, à voir les hôpitaux et des blouses blanches pour la énième fois, à payer pour la télé une énième fois, à se balader avec une perfusion pour la énième fois, à être piquée 15 fois avant de trouver une veine, mais le personnel de Saint Nabor a bien fait son travail.
Le lendemain j'ai eu une équipe formidable, j'ai fait une demande de convenance mi-février accepté par le Dr Porté de la clinique, d'avoir une césarienne programmée pour le 19 mars.
Je ne vous cache pas que la semaine qui a suivi la césarienne était aussi horrible et c'était la première fois de ma vie que j'étais opérée, je n'étais pas sur pied au bout de 2 jours, je suis rentrée au bout d'une semaine.
Tous les matins en mangeant les mêmes biscottes avec la même tisane et les mêmes compotes, j'avais 2 boîtes de rangement pleines de médicaments, je me sentais coupable tous les jours que ma fille les avale avec moi et je regardais en larme toutes ses affaires en carton ou emballé, à me demander si on allait s'en servir, si on allait vraiment avoir notre fille en bonne santé, je regardais tous les matins en larme le transat si un jour on aura la joie de voir notre fille dedans à quoi elle va ressembler ou si c'était trop beau pour être vrai, j'avais peur de ne pas avoir l'instinct maternel, il en était hors de question qu'on attende le terme le 31 mars.
Sa chambre a été terminée fin février, par mon compagnon et mon beau-père avec tout ce qu'on a traversé, et après des mois de travaux et de pause entre à cause de mon état, ma sœur mes deux neveux et ma nièce ont aidé mon compagnon à préparer enfin la chambre, quand je savais que j'allais mieux en fin d'après midi j'ai réussi à peaufiner et décorer comme je l'avais prévu avant d'être enceinte.
J'étais pressée que les fêtes passent car j'étais pas en état, j'étais tellement fatiguée le soir que le 31 décembre à minuit je me suis réveillée une fois à cause des pétards et je me suis rendormie aussitôt, j'en avais rien à cirer, je voulais que l'année 2020 se finisse.
J'étais malheureuse de ne pas fêter Noël, j'ai quand-même deux photos souvenirs avec mon fiancé.

La césarienne s'est passée tellement vite, malheureusement mon compagnon et moi étions séparés, merci le covid, quand je savais que ma fille était bientôt née, j'ai pleuré tout ce que j'avais besoin de pleurer de ces 8 mois au bloc opératoire, l'équipe l'a compris et m'a plus que soutenu, je les ai suppliée que je veux vivre et que ma fille soit vivante aussi, et soudain j'ai arrêté de pleurer, et 10 secondes après j'ai entendu le cri de ma fille à 9h28, un petit paquet d'amour de 2kg730 et 46cm.
Quand le brancardier était venu me chercher à 8h30 tapante, le compte à rebours avait commencé.
Un soulagement, une paix et une sérénité revenaient petit à petit, je respirais de nouveau comme avant, une respiration que je n'avais plus depuis 8 mois, on allait rencontrer notre fille.
A vous toutes, je vous décris ce moment, on m'a livré cette bataille et j'ai gagné, ma fille et moi avons gagné, j'ai mis au monde notre bébé, notre fille va bien, elle est en bonne santé, elle vit et je vis aussi, on est enfin de l'autre côté du tunnel, on est des battantes et vous l'êtes aussi.
Beaucoup qui apprennent cette maladie me demande si tout s'arrête après l'accouchement, heureusement oui mais jusque là on a du mal à le croire.
Je peux de nouveau marcher sans nausée, me laver et me maquiller, manger et boire ce que je veux, respirer ce que je veux et vivre comme je veux, faire le ménage, m'habiller comme je veux non car tous les kilos perdus en 8 mois je les ai vite récupéré en 1 mois qui sont maintenant difficile à perdre.
On dirait que j'avais pas mangé pendant des années.
Mon 1er plat autorisé c'était un bœuf bourguignon, j'ai envoyé une photo à mes parents, je leur ai envoyé une 2e du plateau vide, ils étaient en larme et heureux.
La 1e fois que j'ai ouvert mon frigo sans cette maladie, le cerveau a dû mal, c'est comme si j'avais fait un bon de juillet 2020 à mars 2021, une véritable amnésie comme si tout ça n'était juste qu'un cauchemar.
L'après accouchement, peu en parle, vous allez mettre des mois avant de vous en remettre voir des années, je pleure encore beaucoup aujourd'hui, car après l'euphorie des visites, quand tout se calme, la réalité revient et des flash viennent n'importe quand dans la journée, je m'effondre donc instantanément et j'ai aucun contrôle la dessus, sans parler des hormones, mais soyez entourée de personne bien veillante qui vous aide à le faire, vous épaule, vous soutienne et vous ménage l'esprit, 9 mois c'est presque 1an et ça ne s'oublie pas en un claquement de doigt, laissez les piques de côté, vous avez créé la plus belle chose au monde qu'est-ce qui est au dessus de ça.
Beaucoup pense qu'une fois qu'on a accouché c'est derrière nous, et ils n'ont pas du mal mais plutôt ne veulent pas comprendre le traumatisme à vie que c'est devenu.
Beaucoup ne comprendront pas le lien que vous aurez désormais toute votre vie avec votre enfant, peut être trop protectrice, mais c'est votre enfant, n'oubliez pas la grossesse que vous avez eu, ça encore une fois si ce n'est pas vécu personne ne peut le comprendre.
Pourtant votre parole et votre cri à l'aide devaient suffir à vous croire, ça n'a pas été le cas de tout le monde et c'est ça dans un sens qui nous fait le plus de mal.
Oui c'est une maladie mal connue, personne ne savait tout de suite ce que j'avais, mais je le disais pourtant depuis le mois d'août, je demandais déjà du calme et de l'aide, j'ai répété 1 millions de fois que je me sentais mal et que je ne pouvais pas me lever ni marcher et il serait temps qu'on soit plus écoutée soutenue et comprise, et c'est important de le dire.
Ma fille a déjà 4 mois depuis le 19 juillet, elle est en parfaite santé et que dieu soit toujours avec nous, elle donne tous les jours un sens à notre vie, elle est souriante, elle est très éveillée, elle nous reconnaît elle nous aime, on l'aime tellement comment exprimer ce sentiment, elle comprend déjà plein de chose, elle ne se plaint jamais pour rien, elle a commencé les petits pots, elle est magnifique, on a un regard complice elle aime rire avec nous, elle aura et a déjà une belle éducation, elle chantera et dansera comme moi, elle aimera plein de chose comme papa, quel bonheur de l'avoir rencontrée pour la 1e fois, elle avait la même tête de boudeuse qu'on voyait toujours sur les échos.
On n'arrive plus à s'imaginer notre vie d'avant sans elle.
Après un bilan général et des contrôles supplémentaires par la Cpam, un médecin du CHU de Nancy m'a confirmé la fibromyalgie, c'était sans surprise pour moi.
Je souffre encore aujourd'hui du dos, jusqu'aux cervicales, sans parler de mes genoux, mais je tiens pour ma fille et rien ne m'empêche de bien m'occuper de notre petite fée.
Et plus aucun obstacle de la vie nous séparera comme cette affreuse maladie.
À partir de 33ans que j'aurai en septembre, je serai autorisée médicalement à être opérée pour la ligature des trompes.
Cette décision mûrement réfléchie et non prise à la légère avec mon compagnon n'est pas comprise par tous, qu'on comprenne bien que si j'ai une prochaine grossesse je vais revivre à 80% de chance exactement la même chose, c'est mon corps et ce que j'ai vécu c'est GRAVE.
Je salue encore Anna pour son passage à l'émission la maison des maternelles.
Je suis aujourd'hui fière d'avoir écrit tous ces mots pour vous, beaucoup de larmes ont coulés, je n'étais pas prête à 100% et je ne le suis pas encore aujourd'hui mais je me devais de le faire pour vous toutes le plus rapidement possible.
Mais aussi me libérer moi-même.
Ne gardez absolument rien pour vous pour vous éviter un burnout.
J'étais heureuse avant cette maladie car je ne la connaissais pas, ça nous change à vie je ne redeviendrai plus jamais la personne que j'étais le 27 juillet 2020.
Quand on prend conscience de ça, ça nous fait mal, mais à cette date je n'étais pas encore maman, et aujourd'hui je vis enfin la plus belle chose de ma vie que je croyais impossible quand je voulais avorter. Je ne l'ai pas fait car je savais déjà que ça allait être ma seule grossesse et ma seule et unique chance d'être maman.
Alors cette fin de grossesse m'a rappelé simplement que je suis une personne bien et une battante, fidèle et entière, je connais mes valeurs, j'ai le cœur sur la main, et qui veut m'en faire douter n'a jamais réussi jusqu'à aujourd'hui.
Je soutiens et j'encourage toutes celles qui ont cette maladie en ce moment, on est en 2021, cette maladie doit être reconnue ne vous laissez plus faire.
Merci à l'association de lutte contre l'hyperemese gravidique d'exister car sans vous je ne serai jamais allée au CHU Haute Pierre de Strasbourg et connaître le professeur Philippe Deruelle.

Susan.

femme Typing

LE TEMOIGNAGE DE JULIE

05/12/2021

Voir plus

 

Bonjour. Je viens en ce jour partager mon histoire, et un message d'espoir.

Il y a 4 ans je suis tombée enceinte de ma fille. Dès la nidation les nausées ont commencé. Puis dès 1 mois de grossesse les vomissements. Tout le monde me disait que c'était normal. Que je devais faire un effort. Que je n'étais pas malade mais enceinte, que je me crée ces vomissements... Jusqu'au jour où un soir, après avoir essayé de boire une gorgée d'eau, que j'ai revomit 10mn après en dormant (j'ai donc faillit m'étouffer dans mon vomit...) mon conjoint a dit stop et m'a emmener à l'hôpital en urgence. Il nous a sauvé la vie.. Moins 12kg en deux semaines... Déshydratation et malnutrition... J'ai été hospitalisé sous zophren. Ça m'a permise de ne plus vomir mais si je mangeais ou buvais ça ressortait de suite. Ils ont donc décidé de me mettre les nutriments et l'hydratation par intraveineuse. Je me revois pleurer car j'avais soif... Ce jour là j'ai d'ailleurs pensé à toutes ces personnes qui mourraient de faim et de soif... Ce fût horrible. Je ressort 10 jours après... J'y reviens très rapidement... 3 allées retour jusqu'au moment où l'ont me menace de m'enfermer dans une pièce sans téléphone, sans visite et sans lumière. Je panique. Je pleure. La colère monte.
J'ai signé une décharge pour sortir ! Et je n'y suis jamais retourné. J'ai continué à vomir jusqu'à 6 mois de grossesse. J'ai ravaler très souvent, de peur d'y retourner et que l'on m'enferme en psychiatrie. Je pesais moins de 47 kg... Après la naissance de ma fille je n'ai pas réussi à reprendre une vie normale avec la nourriture pendant plus de 2 ans.
J'ai décidé de me "soigner" de ce traumatisme avec le yoga, la méditation et la spiritualité. Ça aura mit plus de 3 ans. Presque 4.
Je me suis sortie de cela récemment, et je me suis donc sentie prête à faire un autre enfant. Je me suis préparée, bien évidemment, à revivre le même scénario. C'était d'ailleurs pour moi impossible qu'il en soit autrement
Je suis enceinte aujourd'hui de trois mois, et je n'ai eu absolument aucun symptôme jusqu'à 6sa (1mois. Ni nausées, ni vomissements, ni remontées acides... Rien. J'ai eu du mal à accepter et concevoir que j'etais enceinte puisque je n'étais pas "malade" et pourtant !
C'est réel.
J'ai commencé à avoir des nausées légères (sans vomissements) à 6sa. Elles se sont un peu intensifiées judqu'a 8sa puis elles ont continué modérément jusqu'à 10sa. Puis... Plus rien.
Je n'ai eu aucun vomissements. Seulement des nausées désagréables. Et aujourd'hui je n'ai plus rien du tout depuis 1 semaine passée.
Ça existe donc des femmes ayant vécu une hyperemese pour un enfant et pas un autre.

Alors ce soir, j'écris pour envoyer un message d'espoir à toutes ces femmes qui ont peur. Ou qui n'arrivent pas à passer au dessus de ce traumatisme.

J'aurais pu le revivre, j'ai travaillé avec cette possibilité et l'univers m'a offert l'autre côtés du miroir.

Merci la vie.

Pour celles qui sont entrain de le vivre, pour celles qui l'ont vécu, pour celles qui le vivrons: vous êtes belles. Vous n'êtes pas folles. Vous êtes courageuses. Vous pouvez le faire ! Tout se passera bien.

Tendresse à toutes.

Julie.

femme Typing

LE TEMOIGNAGE DE STEPHANIE

11/12/2021

Voir plus

 

Bonjour

Je m’appelle Stephanie, j’ai 33 ans.

Et j’ai 2 petites filles…

Voici mon histoire ….

Je rencontre mon prince charmant il y a 9 ans, florent le coup de foudre … les années passent et on veut un bébé en particulier une fille pour moi et un p’tit mec pour monsieur ! La logique me dirait vous !
Premières quinzaines de jours tout va bien … au bout d’un mois sayez j’ai des nausées ! Sa a marché ! Le bonheur !
Mais il n’est malheureusement que de courte durée… on m’avait dit les nausées du matin ! Mais pourquoi j’en ai tout au long de la journée ? Et pourquoi je fais que vomir ? Mais pourquoi je n’arrive plus a manger ? Quoi même plus à boire ???? Une journée , puis 2 , puis 15 jours …. Une première hospitalisation… et ceux jusqu’à 5 mois …

Personne n’avait l’air de comprendre autour de moi …
ce n’est que des nausées …
mais avec 7kg en moins …
un début de grossesse particulièrement étrange pour moi … difficile, douloureux … et incompréhensible… et la suite de la grossesse pas évidente ….
Mais ouf Stef ! bébé va bien !
Ma petite Théa waohhhhh !

Pendant 5 ans j’ai ruminer cette histoire dans mon cœur mais je devais me sentir reconnaissante elle et moi on allait bien , on était ensemble c’était le plus important …

5 ans après maman je veux une petite soeur ! Chérie je veux un 2 éme bébé …
Oulalaa sa ravive des souvenirs douloureux …
Je me fais suivre par une psychologue et je bois ses paroles : LES GROSSESSES SONT TOUTES DIFFÉRENTES !

Elle avait raison !

Celle ci est PIRE : cela fait 1 an le 3 juillet 2021

Ma petite Ella
Ma guerrière

15 jours seulement de grossesse et tout recommence … mais en 15 fois pire…
-20kg
La déshydratation
La dénutrition
Le manque de potassium
L’hospitalisation en grossesse a aux risques
Et j’en passe ….

Et aujourd’hui on recommence on va bien ! Alors on s’estime heureux … enfin à peut près …

Ella souffre aujourd’hui d’un souffle au cœur et est suivie tous les 6 mois afin de surveiller et de savoir S’il faudra une opération à cœur ouvert…

Et papa lui ? Il est triste d’avoir assister à mes nombreuses hospitalisations ou encore d’avoir nettoyer mon vomis , ou encore mon pipi … on sent le désarroi… l’impuissance…

Et Théa ? Ma petite Théa qui nous fait quelques crises de somnambulisme… qui pleure quand maman se tord une cheville et qui doit allez aux urgences ou encore quand papa doit allez à l’hôpital pour un bobo …

Et maman ? Elle survie face à tous sa avec difficultés….

Voilà c’était mon histoire dans les grandes lignes rien que de vous l’écrire et ce pour la première fois et bien sa fait du bien !
merci beaucoup de vous intéressé à se sujet ! J’apprends il y a peu de temps que sa porter un nom ! Un nom que j’ai du mal à prononcer à tan il est douloureux.

Voici notre petite famille c’est toujours mieux de mettre des visages sur une histoire

Stephanie



 

femme Typing

LE TEMOIGNAGE D'ALISSON

18/12/2021

Voir plus

 

L’hyperemese je ne savais pas ce que c’était avant de la vivre. C’est ma première grossesse. Un bébé tant désiré après 11 ans d’amour avec monsieur. Nous voilà à 7 semaines d’aménorrhées et les premières nausées commence. Nous sommes le 6 décembre 2019 et je n’arrive pas à controlé les vomissements je consulte et on me dis que c’est normal les 3 premiers mois. On me prescrit quelque anti-vomitif et je rentre.

Une semaine passe je me sens vaseuse mais je tiens le coups. Quelques jours plus tard les vomissements intense reviennent jusqu’à ne plus s’arrêter. Des vomissements chronique (30 fois par jours) ou même l’eau je ne la digère pas. Du coup je me rends aux urgences Car je ne tiens plus debout. On me donne une perfusion trois heures plus tard je rentre comme j’étais arrivée.
Je passe la nuit sans dormir près des toilettes du coup le lendemain je retourne aux urgences et il me le garde pour la nuit avec une perfusion pour l’hydratation et du Primpéran seulement je tombe sur une sage femme qui minimise la chose aucune compréhension qui me fais passer pour une personne faible. Le lendemain matin je décide de rentrer car psychologiquement je suis pire que la veille.

J’attends, je prends mon mal en patience jusqu’à ce que ses vomissements se calme. deux semaines passent avec des jours plus difficiles que d’autres jusqu’au 20 décembre. Ou je perds encore le contrôle et je me rends cette fois-ci dans un autre hôpital (Longjumeau 91). Je rencontre un gynécologue qui m’a tout de suite comprise et prise en charge deux jours après j’étais sur pied (perfusion, Antivomitifs, apaisant pour les douleurs d’estomac).

Je rentre je passe quand même les fêtes en famille. Les jours passent, les semaines passent je suis envahi d’une fatigue tellement intense que mes proches ne me reconnaissent pas. Je suis de nature tellement speed et active j’étais devenu un fantôme, un corps inhabité. J’avais besoin d’aide pour me laver. J’étais couché jours et nuit. Je ressemblait à Bella dans twilight. Creuser, teint blanc, cheveux gras et cassant, bouton sur le visage d’un autre temps...

En janvier 2020, je suis hospitalisé une nouvelle fois pendant une semaine en manque de potassium il me garde en observation je suis à ce moment à -5 kg. En Février, je refais un tour à l’hôpital Où il me garde trois jours je suis à ce moment à -8 kg soit 48 kg mon poids le plus bas de la grossesse. J’étais envahi d’une telle culpabilité de ne pas arriver à manger j’avais tellement peur de la balance de me dire que j’avais encore perdu des kilos. Je pensais sans cesse à la vie que je portais en me disant est-ce qu’il sera en bonne santé. Mais aucune fois je n’ai pleuré car je ne voulais pas que mon bébé ressentes mon mal-être je faisais tout ce que je pouvais pour le rassurer.

Mars et avril de nouvelles crises mais que j’arrive à surmonter seule. Le 12 mai ce fut le dernier jour oui j’ai eu mes vomissements. Ce que j’arrivais à mangé c’était une bouillit (de l’eau, lait, sucre et maïzena). D’ailleurs je conseille de manger Liquide pour une meilleure digestion et par petite quantités et pas de gras...

Depuis j’ai enfin retrouvé le sourire, je reprend une vie normale, l’HG est partis et mon corps s’est enfin adapté à l’hormone Beta-HCG. Je ne forme plus qu’un avec mon bébé Cette pathologie m’a volé ma grossesse. Elle m’a laissé un goût amer et m’a bloqué pour un nouveau bébé.

Sans l’aide de mes proches j’aurais été incapable d’aller jusqu’au bout de ce combats. C’était tellement dur, tellement éprouvant, l’entourage est très important dans cette épreuve.
Aujourd’hui une telle fusion c’est créé entre Nous deux. Il est toute ma vie...

H G Est une véritable malchance pour celle qui la contracte. Cette maladie hormonale et héréditaire tellement mal identifié... Je donne toute ma force à celle qui porte la vie en ce moment. Ne perdez pas espoir car l’avenir est en vous...

Alisson

femme Typing

LE TEMOIGNAGE DE DAVINA

29/12/2021

Voir plus

 

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu épouser le rôle de maman. Petite quand on me demandais ce que je voudrais faire plus tard, c'était clair : "je veux devenir maman ! ". J'ai joué à la poupée jusqu'à tard. J'avais au fond de mon coeur ce désir tellement fort... Je tombe enceinte à 16 ans, un oubli de pillule unique et c'est le "drame". Mais mon copain n'est pas prêt, et mon désir ne se suffit pas, alors le choix de l'avortement est fait. Les nausées sont très violentes et des vomissements m'accompagnent jusqu'au jour de l'IVG, mais c'est une décision et une épreuve difficile alors je pense que la cause est psychologique. Le jour J est difficile, mais le soulagement physique l'emporte sur ma peine : après l'aspiration les nausées s'évanouissent comme par magie. Je suis soulagée de voir s'arrêter ce symptômes de grossesse. Cette expérience renforcera tout de même dans mon cœur ce désir passionné d' avoir une famille. Alors très naturellement, après 2 ans de vie commune avec l'homme de ma vie, pour mes 19 ans, en 2009, je fais retirer mon implant. Et quelques semaines plus tard, l'heureuse nouvelle arrive, bébé c'est installé. Quelques nausées sont vite présente. A la prise de sang mon taux hcg explose les compteurs, le labo me dit que je suis enceinte de 10 semaines (en réalité j'étais à peine à 5, avec certitude, ce que l'écho de datation confirmera d'ailleurs.) À 4 semaines, les nausées deviennent insupportable, et les vomissements démarrent. Je consulte ma médecin traitant qui me tiens l'éternel discours "c'est normal d'avoir des nausées au début de grossesses, y'a rien à faire faut être courageuse". Je prends l'avis tel quel. Je suis tellement heureuse de porter la vie que je ne me laisse pas impressionner par cet état. Je subit quotidiennement les vomissements et surtout les nausées, déclenchées par n'importe quel odeur. Mon état s'aggrave, mais le gyneco qui me suit confirme ce que le médecin disait "les nausées sont normale, où c'est moi qui suis pas assez mûre pour être mère et qui subit le bébé qu'il considère comme un nouvel accident. Je suis douillette, il faut m'endurcir. De toutes façon y'a pas d'autre traitement que ce qu'on m'a déjà prescrit. Et l'embryon se porte bien ..." J'accepte, j'essaie de m'endurcir, mais ça s'agrave encore. Chaque jour me fait douter un peu plus sur ma capacité à être mère. Si tout le monde avait raison ? Si malgrés mes certitudes, je n'étais pas assez forte. Je pense à arrêter cette grossesse chaque jour, face à cette pression, mais ça me tords de douleur de ne pas avoir ce bébé. Je l'aime déjà au delà de moi même. Je subis en silence, et laisse mon cœur de maman prendre toute la place. Je me nourris autant que possible, mais je ne garde rien, ni eau, ni nourriture. Et à 10 SA, je suis prise un soir de violentes douleurs dans tous le corps, je souffre aussi de maux de tête intense, et me tenir debout est quasi impossible sans malaise. Je prend un nouvel avis médical, et il m'envoie aux urgences pour une hospitalisation. Taux de potassium ridiculement bas, entre un tas d'autres choses : en bref je suis déshydratée, carrencée, j'ai perdu 11 kilos en 21 jours (et encore un peu plus sur mon poids initial). Le protocole d'hospitalisation est d'être dans le noir, sans visite, sans activitées, sans manger et sans boire. Sauf que manque de place (et de chance) me voilà dans une chambre de 3. Les autres mangent, reçoivent des visites, regardent la télé... C'est juste une punition d'être là sans boire et sans manger... Sans mon amoureux. "la vomisseuse " est mon surnom sans le service, c'est très éprouvant. Les Sages femmes me traitent comme une gamine fragile et capricieuse. On me balance des phrases assassine à chaque passage... Je me sens moins que rien, et indigne d'être une mère. Psychologiquement c'est l'enfer. Au bout de 4 jours, on m'autorise une compote, je la vomis, mais je ne le dis pas, je mens pour me sortir de ce "piège". On me laisse sortir. Malgrés l'insupportable situation, je ne cherche plus d'avis médical, j'attend que ça passe, en pleurant beaucoup. Les nausées se calmerons quelques semaines plus tard, le traumatisme et les doutes s'évanouirons au même rythme que mon ventre s'arrondit. Je vis une grossesse plutôt sereine, ponctué de quelques vomissement mais moindre comparé aux premiers mois. Deux jours avant la date du terme une merveilleuse petite fille en pleine santée est venu réaliser le rêve de ma vie. 17 mois plus tard, un autre petit bébé vient de s'installer, pour mon plus grand bonheur ! L'espoir d'une grossesse sans nausées est très présent (j'ignore encore que mon cas est une pathologie) ... J'ai bien rêvé, mais à 5SA, la souffrance (re)démarre. Mais cette fois l'expérience joue pour moi : Hors de question d'écouter les médecins, et l'hospitalisation n'est même pas envisageable, la confiance est brisée. Alors je cherches de nouvelles solutions : ça commence par les forums sur internet, je découvre des témoignages et que je ne suis pas un cas isolé, que d'autre pays associent ça a une pathologie "hypermerese gravidique" mais mes médecins ne doivent pas avoir internet car il me font les yeux rond quand j'annonce ce diagnostic ... J'abandonne de demander leur aide. Je commence à m'auto-médiquer au donormyl + vit b6 + primperan recette donnée sur un forum, (non contre indiqué par mon médecin, même si il réfutais la légitimité de ce coktail), mes vomissements diminuent considérablement, mais mes nausées sont toujours très handicapantes et insuportables. Donc je cherche de l'aide vers des médecines alternatives : je pars voir un médecin chinois, un acupuncteur, un ostéopathe, une naturopathe et j'en passe... Aucun miracle, mais des améliorations me permettrons de mener de front, une auto entreprise la semaine (un centre d'appel) et un poste de serveuse le soir des week end, sans compter mon rôle de maman de ma princesse. Au milieu du 4 ème mois, les nausées se calmes. La fin de ma grossesse est aussi sereine que ma première et au bout une magnifique petite fille, viens embellir ma famille et combler mon cœur. En 2009 et 2011, mon hg à été une maladie mentale selon mon entourage et mes médecins. Je n'avais que les forum, avec le témoignage d'autres femmes, principalement du Québec, pour confirmer que ma santé mentale n'étais pas atteinte. Et en 2013, quelques personnes de mon entourages ont lu des articles sur Kate Midelton, et ont compris que mon mal était plus répandu qu'il ne l'avaient pensé. Je remercie de tout mon cœur, les actrices qui on fait que tout ça est avancé dans le bon sens, et que désormais des associations et un vrai dialogue commence à exister. C'est une réelle consolation pour moi, qui souffrait d'imaginer d'autre jeunes femmes, plus fragile, endurer ce parcours de combatante pour donner la vie, sans aide. Je souhaite que bientôt, TOUT les acteurs médicaux soient au fait des difficultés de l'hg et des solutions qui existent pour la soulager. Que plus jamais on ne culpabilise une femme qui essaie de faire de son mieux pour devenir une mère malgrés sa souffrance.

Davina.